André Giroud de Villette

 

Guillaume Nicolas André Giroud de Villette naît à Clamecy le 17 décembre 1752, au 18 de l’actuelle rue du Grand-Marché. Son père, marchand, a été échevin de la ville et sa mère est la fille d’un notaire de la cité. Après des études au collège de Clamecy, André Giroud de Villette s’installe à Paris, où il travaille dans la manufacture de papiers peints Réveillon, à la Folie Titon, qui était située dans l’actuelle rue de Montreuil, faubourg Saint-Antoine.

 

 

Le 4 juin 1783, les frères Joseph et Étienne Montgolfier font s’élever publiquement à Annonay le premier objet volant, une montgolfière de 900 m³. L’événement a un grand retentissement en France et provoque des expériences similaires, dont celle de Charles, qui fait s’envoler du Champ-de-Mars, le 27 août 1783, un ballon gonflé à l’hydrogène. Le 19 septembre 1783, les frères Montgolfier obtiennent de faire décoller à Versailles, devant le roi et la cour, un ballon qui emporte trois animaux. Ceux-ci ayant atterri sains et saufs, un vol humain est alors envisagé.

 

 

Les frères Montgolfier, amis de Jean-Baptiste Réveillon, font construire, dans les jardins de sa manufacture du faubourg Saint-Antoine, une machine aérostatique qui doit permettre d’accomplir ce premier vol humain.

 

Sur cet aérostat de vingt-trois mètres de haut, de douze mètres de diamètre, en toile azur et or, ornée notamment de fleurs de lys et du chiffre du roi, François Pilâtre de Rozier effectue les 15 et 17 octobre 1783 les premières ascensions en ballon captif, celui-ci étant retenu par des cordes.

 

 

Le dimanche 19 octobre 1783, André Giroud de Villette demande à prendre place dans la nacelle circulaire en osier, pour être le premier compagnon de Pilâtre de Rozier.

 

Devant une foule nombreuse, le premier duo de navigateurs de l’air s’élève depuis les jardins de la manufacture Réveillon dans l’aérostat retenu par des cordes.

 

L’engin avec ses deux passagers reste en l’air, à une centaine de mètres, pendant une dizaine de minutes, puis redescend.

 

Le lendemain, 20 octobre 1783, André Giroud de Villette écrit au Journal de Paris une lettre, publiée le 26 :

 

« […] Hier, 19 du courant, en qualité d’adjoint de la manufacture royale de M. Réveillon, j’ai obtenu de ces messieurs la gracieuse permission de monter dans la partie du panier opposée à celle où était Pilâtre de Rozier pour lui servir de contre-poids. Je me suis trouvé presque dans l’intervalle d’un quart de minute, élevé à 400 pieds de terre [...]. Nous restâmes dans cette position dix minutes. […] En me retournant, je distinguais les boulevards, depuis la porte Saint-Antoine jusqu’à celle Saint-Martin, tout couverts de monde […]. Ensuite, […] je promenai ma vue dans le lointain. D’abord je vis la Butte-Montmartre qui me semblait être de moitié plus basse que notre niveau ; je découvris facilement Neuilly, Saint-Cloud, Sèvres, Issy, Ivry, Charenton, Choisy et peut-être Corbeil que le brouillard m’a empêché de distinguer. Dès l’instant je fus convaincu que cette machine peu dispendieuse serait très utile dans une armée pour découvrir la position de celle de son ennemi, ses manœuvres, ses marches, ses dispositions, et les annoncer par des signaux aux troupes alliées de la machine. […] »

 

Cette phrase s’avéra prémonitoire, car les Français utilisèrent en juin 1794, lors de la bataille de Fleurus, un ballon qui contribua à leur victoire en leur fournissant des renseignements sur les positions de l’armée autrichienne.

 

Le 21 novembre 1783, Pilâtre de Rozier, accompagné cette fois du marquis François Laurent d’Arlandes, s’envole depuis les jardins du château de la Muette et effectue le premier vol en ballon libre ; il atterrit à la Butte aux Cailles, qui se trouve actuellement dans Paris.

 

Giroud de Villette ne participe pas à d’autre envol. Il a fondé à Madrid une manufacture de papiers peints, mais, atteint par la maladie, il meurt à Paris en 1787 et est inhumé au cimetière Sainte-Marguerite.

 

Au XXe siècle, André Giroud de Villette est redécouvert à Clamecy. Une plaque commémorative est fixée sur sa maison natale en 1929. Le bicentenaire de sa naissance est fêté en 1952. En 1983, à l’occasion des célébrations nationales du bicentenaire de l’Air et de l’Espace, le collège de Clamecy est baptisé collège Giroud de Villette. 

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