Romain Rolland

 

Romain Rolland naît à Clamecy le 29 janvier 1866, 4 rue de l’Hospice, dans la maison de ses parents. Son père, Émile Rolland, est alors clerc de notaire. Il reprend l'étude notariale de son beau-père en 1869 et assume à partir de 1870 les fonctions d’adjoint au maire de Clamecy. Émile Rolland et ses parents sont originaires de Brèves, village proche de Clamecy, où Romain Rolland enfant rend souvent visite à sa grand-mère. Le grand-père maternel de Romain Rolland, Edme Courot, né à Auxerre, a été notaire à Clamecy ; en 1876, il est l’un des fondateurs de la Société Scientifique et Artistique de Clamecy.

 

 

Le futur écrivain passe ses quatorze premières années à Clamecy, où il accomplit d’excellentes études au lycée de la ville. Il évoqua plus tard de manière romancée cette période de sa vie dans le chapitre «Antoinette» de son livre Jean-Christophe. En octobre 1880, la famille Rolland déménage à Paris, afin que Romain Rolland puisse fréquenter les meilleurs établissements. Reçu à l’École normale supérieure en 1886, agrégé d’histoire en 1889, il séjourne à l’École française de Rome de 1889 à 1891. De retour à Paris, il donne des cours d’histoire de l’art à partir de 1895, et d’histoire de la musique à partir de 1902 ; il enseigne cette matière en Sorbonne à partir de 1904.

 

 

Cette brillante carrière ne fait pas oublier à Romain Rolland sa ville natale. En 1901, il adhère à la Société Scientifique et Artistique de Clamecy et fournit alors des contributions au bulletin annuel de cette association. Il multiplie, au profit de la bibliothèque de cette société, les dons d’ouvrages et de manuscrits, « ceux qui sont de nature à intéresser un jour ou l’autre les historiens de notre petite cité ».

 

De 1904 à 1912, Romain Rolland publie les parties successives de son roman fleuve, Jean-Christophe, qui connaît le succès. Après cette longue entreprise, l’écrivain travaille en 1913 à un petit roman, Colas Breugnon, qui met en scène un menuisier imaginaire de Clamecy en 1616. Pour se documenter, Romain Rolland fait en  septembre 1913 un voyage en Bourgogne, au cours duquel il revient à Clamecy. Il visite le musée, effectue des promenades à pied en passant par Brèves, Villiers-sur-Yonne, Cuncy, lieux auxquels sont attachés ses souvenirs d’enfance. Il observe les flotteurs de bois de Clamecy et écrit à leur propos, dans Colas Breugnon :

 

« Ils resteront dans son histoire, sa noblesse aux rudes mains, et je ne veux pas qu’on dise qu’ils furent des coquins. »

 

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Romain Rolland se trouve en Suisse. Il condamne le conflit, dans lequel il voit  une « faillite de la  civilisation ». Il lance alors son appel pacifiste Au-dessus de la mêlée, qui est mal perçu en France.

 

Le 13 novembre 1916, l'Académie suédoise lui décerne le prix Nobel de littérature de l'année 1915 pour l’ensemble de son œuvre. Il consacre le montant du prix à des œuvres de bienfaisance et en verse une partie au bénéfice des plus démunis de Clamecy et de Brèves.

 

En 1919, Romain Rolland publie sa Déclaration de l’Indépendance de l’Esprit. Dans l’entre-deux-guerres, il vit en Suisse, à Villeneuve. Condamnant les dictatures de Mussolini et d’Hitler, Romain Rolland prend la défense de l’U.R.S.S. Il publie de nouveaux ouvrages, comme L’Âme enchantée, Goethe et Beethoven, et il entretient un réseau de correspondances avec les plus grands penseurs de son temps. Gandhi vient le rencontrer en décembre 1931 à Villeneuve.

Ces préoccupations de l’écrivain ne lui font pas perdre de vue Clamecy. Il a écrit en 1926 : «J’aime profondément ma petite patrie nivernaise ; je l’aime, si je puis dire, charnellement (ce qui n’est pas la moins puissante façon d’aimer) ; je sens que mon corps est fait de cette terre et de cette lumière».

 

En 1933, il offre à la Société Scientifique et Artistique de Clamecy un coffre-fort pour abriter les documents les plus précieux de cette association et du musée. En août 1936, à l’occasion d’un voyage en Bourgogne, il vient à Clamecy, où il est reçu par la municipalité, qui a donné le nom de Romain Rolland à la rue où s’élevait sa maison natale. L’écrivain revoit d’ailleurs cette maison, qui a été transformée en dispensaire. En 1937, lorsqu’il décide de quitter Villeneuve pour s’installer à nouveau en France, il envisage d’acquérir une demeure dans la Nièvre, et achète finalement une maison à Vézelay, dans l’Yonne, où il s’installe définitivement en 1938.

 

À partir de 1939, il se désengage de la lutte politique et consacre ses dernières années à ses œuvres ultimes : Le Voyage intérieur ; La Cathédrale interrompue ; Péguy. Il assiste, à Vézelay, à la Seconde Guerre mondiale, à l’Occupation et à la Libération. Il consigne ce qu’il voit et ce qu’il entend dans son Journal, publié en 2012. Romain Rolland meurt à Vézelay le 30 décembre 1944. Ses obsèques religieuses ont lieu le 2 janvier 1945 à Clamecy, où il est d’abord inhumé, avant d’être transféré en 1946 au cimetière de Brèves, comme il l’avait souhaité.

L’association Romain Rolland, présidée par Mme Liégeois et dont le siège se trouve à Brèves, organise des colloques et des conférences sur l’écrivain.

À Clamecy, une rue, le lycée et la salle des fêtes de l'hôtel de ville portent son nom. Le musée de Clamecy est installé en partie dans la maison natale de Romain Rolland, ce qui lui a valu le label Maisons des Illustres. L'établissement consacre à l’écrivain une salle où des livres, du mobilier et des souvenirs de l’auteur de Jean-Christophe sont exposés de manière à la fois chronologique et thématique.

 

 Salle dédiée à Romain Rolland au Musée d'Art et d'Histoire Romain Rolland