Clamecy est une ancienne ville dont l’origine est probablement romaine, comme le laissent penser certaines découvertes archéologiques faites en son centre, entre l’ancien château comtal et la collégiale Saint-Martin. Celle-ci est le principal monument de Clamecy. Construite du XIIIe siècle au XVIe siècle, elle comporte une façade élancée et une puissante tour flamboyante hérissée de gargouilles.

 

La collégiale voisinait initialement avec le château des comtes de Nevers, si bien que le symbole du pouvoir religieux et le symbole du pouvoir civil se faisaient face au cœur de la ville. Transformée au fil du temps, la vieille forteresse des seigneurs de Clamecy a finalement disparu : il n’en reste que les caves, visibles depuis la rue du Vieux-Château. Le pouvoir local s’est cependant maintenu au même lieu car, presque à l’emplacement du château disparu, a été construit de 1859 à 1861 l’imposant hôtel de ville, en pierre de taille, qui abrite au rez-de-chaussée la halle où se tient le marché, tandis que ses étages accueillent les services municipaux.

 

Autour de la collégiale et de la mairie s’étend ce centre-ville dont l’ancienneté et l’homogénéité lui ont valu de devenir secteur sauvegardé en 1985. Au bord de ses rues souvent en pente s’élèvent encore quelques maisons à colombages, dont la plus célèbre est celle dite du Tisserand, à l’angle des rues du Pont-Châtelain et Romain-Rolland. Une autre maison, celle-ci en pierre, dite du saint accroupi, s’orne sur sa façade d’un personnage sculpté d’où lui vient sa dénomination. On battait monnaie à cet emplacement au Moyen Âge, comme l’évoque le nom de la rue de la Monnaie, qui longe l’édifice. La maison du Chapitre Saint-Martin, proche de la collégiale, présente pour sa part des colombages et des parties en pierre.

 

Ces très anciennes demeures voisinent avec des immeubles bâtis essentiellement entre le XVIIe siècle et le XIXe siècle. Certains s’ornent encore de portes à heurtoirs et de balcons en fer forgé. La ville compte aussi quelques remarquables hôtels particuliers. Ainsi de l’hôtel More de Tannerre, rue Bourgeoise, construit sous Louis XIV, et dont les vastes caves servent aujourd’hui de lieu d’exposition. Rue du Grenier-à-Sel, le magnifique hôtel Frottier, du milieu du XVIIIe siècle, est précédé d’une cour intérieure. Comme la médiathèque, ancienne école royale d’artillerie, qui s’élève au bas de la rue, il est de la plus pure disposition classique.

L’hôtel de la caisse d’épargne, construit de 1907 à 1909 et inauguré en 1910, apporte entre ces deux édifices une couleur de pierre plus claire et une richesse de sculptures destinée à traduire la puissance financière de l’établissement.

En dehors de ce centre-ville qui correspond au périmètre de la cité autrefois entourée de remparts, s’étendent des faubourgs et des avenues bordées de maisons. À l’est, près de l’Yonne, le faubourg de Bethléem tient son nom d’une singularité de l’histoire locale : l’existence en ce lieu de l’évêché de Bethléem, du Moyen Âge à la Révolution. Un comte de Nevers, Guillaume II, avait fondé à Clamecy un hôpital et une chapelle. Son petit-fils, Guillaume IV, partit en croisade en Palestine. Avant d’y mourir, il légua l’hôpital de Clamecy à l’évêché de Bethléem. Lorsque l’évêque de Bethléem fut chassé de son diocèse par les infidèles, il vint s’installer à Clamecy. Il eut des successeurs jusqu’au Concordat de 1801. Il avait aménagé à Clamecy une petite cathédrale, dont une partie subsiste, transformée en salle de restaurant. De 1926 à 1927, l’abbé Pautigny a fait construire à proximité, dans un style inspiré du byzantin, une église paroissiale placée à son tour sous le vocable de Notre-Dame de Bethléem, pour rappeler ces souvenirs historiques.

Tableau de Badouard, représentant l'évêché de Bethléem en 1790
Musée de Clamecy.
Auguste Colas, Vue de l'Yonne, pont de Bethléem à Clamecy.
Musée de Clamecy
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À l’opposé, à l’ouest de la ville, la rue des Récollets, près de laquelle passait sans doute une ancienne voie romaine, rappelle un autre établissement religieux, celui-là complètement disparu après la Révolution : le couvent des Récollets. Cette montée bordée de murs de pierre sèche offre un panorama exceptionnel sur les toitures de tuile sombre de Clamecy et l’ardoise bleue des combles de la caisse d’épargne, dominées par la masse claire de la façade et de la tour de la collégiale.

 

Au sud, la rue du Crot-Pinçon, jalonnée de villas, réserve elle aussi une singularité historique, puisqu’il s’y élève un obélisque que les Clamecycois appellent la colonne des insurgés. Ce monument de pierre rappelle la résistance locale au coup d’État du 2 décembre 1851. Clamecy fut une des rares villes de province à se révolter contre le coup de force. La « colonne » commémore la répression de cette insurrection.

 

Au nord, l’avenue de la Gare est bordée quant à elle de plusieurs belles demeures édifiées à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle par la bourgeoisie locale. L’avenue passe non loin du parc Vauvert, ancien domaine d’une famille noble, maintenant propriété de la ville, avec le « château » qui l’agrémentait.

Encore plus au nord, entre l’Yonne et le chemin de fer, s’étend l’emprise de la principale usine de Clamecy, appartenant maintenant au groupe Solvay. Fondée en 1894, elle connut un développement exceptionnel au milieu du XXe siècle, sous le nom de S.P.C.C., Société des Produits Chimiques de Clamecy.